Chronochroniques

Nous passons nos journées à lire : des messages sur nos portables, des pubs dans la rue, des romans d’amour en salle d’attente… Notre oeil est tellement entrainé qu’il perçoit souvent sans qu’on lui en donne consciemment l’ordre le nom de tel ou tel magasin, le slogan de telle affiche...

Et si dans ce flot de papier, la littérature venait côtoyer les pubs et les slogans ?

La littérature est un grand mot qui fait parfois peur, mais si elle se fait petite, colorée, et rentre dans nos poches (vraiment pas comme un Dostojevski format poche) peut-être que de nouvelles curiosités naitront.

Lire les chronochroniques

Contemporaines

Nouons-nous,

Emmanuelle Pagano, 2013

S’aimer, un peu, souvent, au féminin au masculin, à l’inconnu.
Composer un quotidien de trois fois rien,
peuplé des autres.
Jouir d’une ombre, d’une porte : du monde.

L’établi,

Robert Linhart, 1978

Soumettre son corps d’étudiant aux cadences de l’usine
Aux bruits des machines et des langues.
Souffrir avec les autres,
Vivre leurs atteintes,
Lutter avec eux, parmi eux.
Se mettre entièrement au service d’une cause : apporter ce que l’on peut, prendre le reste.

Le bavard,

René Des Forêts, 1946

Il en faut des mots pour se taire !

Les Premiers,

Xabi Molia, 2017

Des Super héros place de La République à Paris,
Ça pourrait être utile,
Ça pourrait être dangereux.
Peut-être ne sont-ils pas si loin…
Qui sont ses gens ?

Toute ma vie j’ai été une femme,

Leslie Kaplan, 2008

C’est pas simple,
C’est sexy,
C’est déconstruire les carcans de la société,
C’est ouvrir sa gueule,
C’est toute une vie.

Une toile large comme le monde,

Aude Seigne, 2017

Aujourd’hui on coupe les cables, tous les cables.
On débranche internet.
Et on voit.
La société en pleine crise de nerfs,
Entre alternatives et polyphonie.

Deux jeunes artistes au chômage,

Cyrille Martinez, 2011

Chercher sa voix, entre les bras des autres
Trouver ses mots dans l’amour de son autre à soi
Incompréhension sociétale chronique et rythme de sommeil
Imbrications fonctionnelles.

L’appartement,

André Markowicz, 2018

Pas sûr d’où on vient
Douter d’où on est
Espérer où on va.
Chercher le lieu de vie
comprendre le lieu de la mémoire.

Vie d’un Gérard en Occident,

François Beaune, 2017

Accueillir l’autre avec
toute notre maladresse
toutes nos incompréhension
toute notre bonne volonté
toutes nos bières nationales
Essayer de vivre ensemble, même si ça échoue parfois.

Bruits de Langues 2019

Habiletés sociales,

Camille Cornu, 2017

tout faire pour s’intégrer,
s’arranger pour correspondre aux autres
Apprendre les rites pour y devenir habiles.

Des châteaux qui brûlent,

Arno Bertina, 2017

Plus de travail.
Plus d’argent, plus de sociabilité. On fait quoi ?
La grève.
Comment ?
En fête et en jazz.
Ça réussira ?

Même les monstres,

Thierry Illouz, 2018

Vous les défendez...? Même les monstres ?
Même ceux qui semblent indéfendables,
ceux qui font des choses inimaginables ?
Peut-être juste pour prouver que l’identité est une question de décor.

Plus grand que moi,

Nathalie Fillion, 2018

— Vous êtes qui ?
— Cassandre Archambault, 1m81 ; 8m d’intestin !
Je peux conquérir la terre ?
Est-ce que je suis dingue ?
— Démerde toi.

Les Jeûneurs,

Clotilde Escalle, 2014

Glissement d’une famille dans l‘étrange,
Monstres-humanoïdes les observant,
les étudiant ?
Qui ? Pourquoi ?
Le monde s’ensable quand les secrets de famille sortent des placards.
L’humain serait-il un autre cafard ?

Les Cosmonautes ne font que passer,

Elitza Gueorguieva, 2018

Les murs tombent
Les régimes aussi
L’espoir éclos, la bulle éclate